François Michaud

Artiste plasticien

Entailler le temps,

Symposium international d'art contemporain de Baie Saint-Paul, Québec. 2021

J’ai une fascination pour l’art pariétal et pour l’os coché de Thaïs, artefact de 12 500 ans, un des premiers signes de numérisation du temps qui passe (www.museedevalence.fr). Cet os gravé par un homme ou une femme qui a observé le ciel au fil du temps, et qui l’a peut être porté, protégé. Combien de rituels et de questions existentielles autour de ces observations, c’est de cela dont on parle quand on parle du temps.  Pour faire suite à cette idée de l’os de Thaïs, durant 20 ans (1978/98), j’ai gravé rituellement des mats annuels de 365/366 entailles, et 25 mats pour rattraper mon âge à cette époque. 

Ma barque aux 100 calendriers est la suite de ce rituel, c’est l’idée même de l’oeuvre inachevée qui peut être poursuivie par autrui. Aïe! pour l’ego de l’artiste.

Être dans la continuité de l’art, c’est parfois être aussi dans l’inachevé. Achever, exécuter, des synonymes qui énoncent la fin d'une vie et d'un acte créatif. L’inachevé, c’est maintenir en vie un acte de décision permanente.